Road-trip en Islande : Partie 1

Road-trip en Islande : Partie 1

Bien qu’à seulement 4h de vol de Paris, l’Islande offre un dépaysement complet ! Exposée aux éléments, la nature sauvage et presque vierge de présence humaine de l’Islande nous remet à l’échelle du monde. On se sent fragiles devant la puissance des tempêtes ou des flots des cascades comme Dettifoss, petits le long de la faille tectonique à Þingvellir, émerveillés devant les couleurs et les mouvements des aurores boréales.
Sur la piste des aurores boréales, nous sommes partis début octobre : dans le froid, donc, élément indispensable pour avoir la chance d’assister au spectacle ! Et puis avec l’automne, certains paysages se parent de rouges et d’oranges pour une vue époustouflante, sans être encore bloqué par la neige.
Pour ce road-trip, nous choisissons simplement de suivre la route n°1, qui fait le tour de l’île, en nous autorisant quelques sorties de temps à autres. Les conditions météo en Islande ne permettent pas de maintenir l’ensemble du réseau routier en bon état, mais cette route bénéficie d’un excellent entretien et nous permettra de rouler sans problème tout au long de notre séjour… Contrairement à certaines routes secondaires où rouler devient plus hasardeux !

En bref, ce pays nous a fait rêver pendant plus de deux semaines de road-trip, et j’espère que l’article vous transmettra l’envie de le découvrir !

** Reykjavik **

Nous atterrissons à l’aéroport de Keflavik avec quelques heures de retard. Malgré tout, notre loueur de voiture vient nous chercher sur le parking de l’aéroport pour nous emmener sur les locaux de l’agence. Après quelques minutes de route, suivies de quelques minutes de paperasse pour les conducteurs, on nous présente notre bolide.

Louer une voiture en Islande |Faircar

Bien que souvent conseillé sur les forums, nous avons choisi de ne pas prendre un 4×4 pour ce roadtrip : en cette saison et en nous cantonnant à la route n°1 et quelques routes secondaires bien fréquentées (et donc entretenues), cela ne nous semblait pas indispensable ! En effet, nous avons pu traverser (presque) toutes nos routes, à condition de bien être équipés d’un GPS pour éviter les routes F, qui correspondent à celles en mauvais état. Si cela nous a parfois valu quelques détours, pas sûr qu’on soit perdants sur la durée des trajets !
En somme, si votre budget ne le permet pas, un 4×4 n’est pas indispensable pour effectuer un tour de l’île, à condition de se restreindre aux routes principales (route n°1 et routes qui mènent aux points d’intérêt). En revanche, un 4×4 vous apportera quoiqu’il arrive du confort de conduite, et un peu plus de liberté sur le choix de vos itinéraires !

660€ pour 16 jours de location

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Pour cette première journée, on commence tranquillement par découvrir la ville de Reykjavik, capitale de l’Islande. Nous savons que le reste de notre road-trip sera entièrement consacré aux paysages et à la nature : depuis Paris, Reykjavik et sa taille modeste nous offre une transition en douceur. Car malgré son statut de capitale, la ville est très petite ! On se promène près de son église Hallgrimskirche à l’architecture atypique, dans les parcs, dans le musée national, … Il sera temps ensuite de rejoindre notre airbnb près de Glymur en prévision de notre randonnée du lendemain ! On emprunte donc pour la première fois la route n°1, qui fait le tour de l’île… Notre fidèle alliée pour ce road-trip !

Où manger à Reykjavik ? | le Grillmarket

Un excellent restaurant à la décoration rustique chic mais aux plats savoureux. En revanche, comme souvent en Islande… Soyez prêts à une note un peu salée !

Grillmarkaðurinn Lækjargata 2a, 101 Reykjavík, Islande

€€

https://www.grillmarkadurinn.is/en/

** Au Nord de Reykjavik **

En arrivant près du lac de Glymur, on ressent une certaine sérénité : l’eau calme reflète les nuages qui s’irisent doucement des couleurs du coucher de soleil. Un calme de bien courte durée : au matin de notre deuxième jour sur place, nous essuyons une première tempête. Au début, ce n’étaient qu’un peu de pluie et de vent. Puis, peu à peu, les averses s’intensifient, le vent forcit… On tente d’affronter les éléments : on veut voir la fameuse cascade de Glymur, l’une des plus hautes d’Islande ! C’est en arrivant sur un plateau que l’on commence à comprendre que la lutte est vaine. On s’obstine encore un peu ; ça y est, mes pieds nagent dans leurs chaussures. Ma sur-veste imperméable prouve sa qualité relative. En ce début octobre, ça fait froid. En arrivant au passage où l’on traverse la rivière, cette fois, on dépose les armes : un câble permet la traversée… Et on ne le voit plus sous le torrent furieux !
Demi-tour en hâte pour se réchauffer dans la voiture où l’on se débarrasse de nos chaussures et vestes trempées avant de mettre le chauffage à fond. Direction ensuite Grundarfjördur pour découvrir la péninsule de Snæfellsness. En chemin, on profite d’une accalmie pour nous arrêter à la cascade de Hraunfossar. Le ciel est chargé, mais au moins on peut pointer notre nez sans nous prendre des seaux d’eau !
Avec les couleurs de l’automne, la cascade de Hraunfossar offre un spectacle incroyable ! Cela nous console de notre déconvenue du matin…

** Péninsule de Snæfellsnes **

Nous prendrons deux jours pour faire le tour de cette péninsule au Nord-Ouest de Reykjavik. Elle nous réservera de belles surprises, entre la célèbre montagne de Kirkjufell, les paysages volcaniques de la pointe, les cascades…
Dans la voiture, je suis frappée par la rapidité avec laquelle les paysages changent : on passe des collines verdoyantes à la désolation des coulées de lave en un clin d’œil. C’est déstabilisant !

C’est aussi à Snæfellsnes que l’on prendra la mesure de la densité de population en Islande : la “ville” où nous nous arrêtons pour la première nuit n’est pas plus vaste qu’un petit village avec sa grosse douzaine de maisons et son unique rue !

** Kirkjufell **

Passage incontournable de la péninsule avec sa silhouette reconnaissable entre mille : la montagne de Kirkjufell s’élève seule dans le ciel qui commence à peine à s’éclaircir.
Photographiée un nombre incalculable de fois par des photographes plus talentueux les uns que les autres, je tente à mon tour de la capturer avec ses cascades… Si le résultat ne me satisfait pas entièrement, je me satisfais en revanche de la jolie promenade et de cette jolie vue à l’aube, sous les premiers rayons du soleil. D’ailleurs, en repartant, le soleil nous offrira une vraie (courte) apparition !

** Plage de Skardsvik **

Tout près de la pointe de la péninsule, on trouve la plage de Skardvik. Ici, les coulées de lave ont marqué le paysage ! Les grandes étendues plates révèlent des rochers escarpés recouverts de mousse.

** Le glacier Snæfellsnesjökull **

Si nos pneus neige ne nous ont pas permis de passer les plaques de verglas sur la route de Snæfellsnesjökull, nous aurons droit à nos premières neiges… Et une jolie vue sur la péninsule en contrebas.

** Canyon Rauðfeldsgjá et cascade de Bjarnarfoss**

Nous avions entendu dire que l’Islande recelait de nombreuses légendes autour des trolls, des elfes, et autres créatures magiques. C’est sur la péninsule de Snaefellsnes que nous rencontrons notre première anecdote autour d’un personnage mi-homme mi-troll : Bárður Snæfellsás.
La légende raconte qu’un jour, il y a fort fort longtemps, les deux fils du demi-frère Bárður attirèrent par jeu l’une de ses filles sur un iceberg près de la côte. Mais les vents emportèrent l’iceberg au large, et elle disparut. Fou de rage à l’annonce de la perte de sa fille, Bárður attrapa ses neveux et jeta le premier dans le canyon, et le deuxième du haut de la falaise. Sa fille Helga survécut cependant, et, après 7 jours en mer, rejoignit le Groenland où elle eut une vie heureuse.
On ne va pas se mentir, ce n’était pas là le conte le plus réjouissant de notre périple. Le canyon quant à lui offre une entrée exiguë, où l’on se faufile en essayant de ne pas tomber sur les rochers glissants. Au fond du ravin, un puits de lumière éclaire les plus téméraires.

Non loin de là, les eaux de la cascade de Bjarnarfoss se jettent de la montagne. Ici, un sentier permet de grimper jusqu’à son pied… Avec, en prime, une vue splendide sur la vallée en contrebas.

** Stykkishólmur **

Un joli port nous accueille à Stykkishólmur , surplombé par une colline sur laquelle on peut grimper pour un point de vue panoramique sur les environs.

** Péninsule de Vatnsnes **

On continue à monter vers Akureyri, au Nord, en traversant la péninsule de Vatnsnes.

** Forteresse de Borgarvirki **

Nous continuons notre tour de la péninsule en grimpant jusqu’à l’ancienne forteresse Viking de Borgarvirki. Ses fortifications datent de l’époque de la colonisation de l’île, entre 870 et 1030 !

** Le rocher Hvítserkur et les phoques de Vatnsnes **

Ce rocher est célèbre pour sa forme qui évoquerait un dinosaure. Si l’interprétation est subjective, le paysage vaut sans doute le détour : herbes hautes, falaises, et ce rocher isolé au milieu des vagues.

Un peu plus loin, on fera un petit crochet au bord de l’eau pour observer les phoques !

** Les aurores de Hrútafjörður **

Ce soir, on pose nos valises dans une auberge près du fjord Hrútafjörður ! C’est ici que nous observons nos premières aurores ! Peut-être parmi les plus lumineuses de tout notre séjour !

** Le Nord et la région de Mývatn **

Avec le recul, je pense que le Nord est la région que j’ai préférée. Elle a tout : une jolie (vraie) ville, des cascades impressionnantes, des baleines, des volcans, des lacs, des canyons… Que demande le peuple ?

** La cascade de Goðafoss **

Ce sont probablement les chutes les plus connues de tout le pays… On pourrait croire qu’elles tiennent leur nom de leur beauté divine avec cette forme en fer à cheval si caractéristique, mais leur histoire est bien plus profonde ! En effet, c’est ici que, suite à la décision de conversion du pays au christianisme, le médiateur du parlement islandais a jeté les idoles de l’ancienne religion. La cascade a ainsi été renommée “Chute des Dieux” en commémoration de cet évènement.
Située à quelques minutes de la route principale de l’île, elle est accessible presque directement depuis le parking !

** Akureyri **

Sur la route vers Akureyri, la ville principale de la région de Mývatn, nous nous arrêtons près des maisons de Laufás, construites en tourbe et aux toits recouverts de mousse.

En poursuivant notre route, nous arrivons enfin sur la ville d’Akureyri, qui possède elle aussi une église bien identifiable… Akureyri nous offrira surtout notre deuxième très belle aurore !

** A la rencontre des baleines à Húsavík **

Impossible pour nous de passer à côté de la possibilité de voir les baleines à bosse ! En arrivant dans le petit port de Húsavík, on réserve donc sans attendre notre excursion ! Et, magie : les baleines sont au rendez-vous ! On voit d’abord un petit jet d’eau, que l’on confond avec de l’écume, s’élever au loin, puis une forme sombre soulever l’eau, puis une nageoire… Le bateau se rapproche doucement, pour ne pas effrayer ou gêner la baleine. Nous n’aurons pas la chance de la voir sauter (heureusement ?), mais la baleine remontera à la surface pour nous saluer de nombreuses fois !

Avec qui naviguer ? | Gentle Giants

Sans grande surprise, nous avons choisi l’un des prestataires les moins chers pour cette expérience… Mais aussi ceux qui affichaient le plus de “responsabilités” et de conscience vis-à-vis du bien-être de l’animal. Avec gentle giants, on s’approche parfois un peu moins des baleines, mais suffisamment pour les observer sans les déranger ou les effrayer !

Port de Húsavík

10400 ISK

https://www.gentlegiants.is/french

** le canyon d’Ásbyrgi **

Après une matinée en mer avec les baleines, on retrouve la terre ferme pour une nouvelle curiosité de la nature. Le canyon d’Ásbyrgi forme un cirque. A l’origine une cascade aujourd’hui asséchée, le cirque abrite une forêt de bouleaux où il fait bon se promener. Sa forme en fer à cheval est assez singulière ; on raconte que c’est un des huit chevaux d’Odin qui aurait laissé cette empreinte !
Si la forme est dure à appréhender d’en-bas, on la devine un peu mieux depuis les hauteurs… d’où on a aussi une superbe vue sur le relief autour.

** Dettifoss **

Si la cascade de Dettifoss elle-même n’est peut-être pas la plus belle (et notre point de vue loin d’être idéal), elle est pour moi la plus impressionnante ! J’avais déjà entendu dire que c’était la plus puissante, mais en arrivant près de cette cascade, je me sens presque happée par les courants ; quel débit impressionnant ! Les eaux grondent et filent à toute vitesse. Des gerbes d’écume sot projetées dans l’atmosphère… Et nous permettent même d’observer un joli arc-en-ciel !

** Les fumerolles de Hverir **

L’Islande est connue pour son activité géothermique intense, et nous avions hâte de nous y frotter pour de bon. Les célèbres geysers attendront la fin de notre parcours, mais en arrivant près d’Akureyri nous savons que nous trouverons de quoi rassasier notre curiosité : la région, située au-dessus de la faille médio-atlantique, est particulièrement active. Ici, le magma remonte près de la surface et il est possible d’observer la nature en ébullition à de nombreux endroits, à commencer par le site de Hverir.

Quand on arrive sur place, l’odeur caractéristique du soufre (qui sent l’œuf pourri) nous prend immédiatement au nez. Après plusieurs minutes sur place, on finit par s’habituer, mais mieux vaut ne pas trop s’éterniser non plus : inhaler des vapeurs de soufre pendant plus d’une heure n’est pas conseillé (et pas agréable, de toute façon). C’est amplement suffisant pour profiter du site sans se presser !
Ensuite, une fois la surprise de l’odeur passée, on prend vraiment la mesure de l’endroit où l’on se tient : une zone désolée, sans la moindre végétation qui pointe entre les cailloux. On se croirait sur une autre planète ! En s’approchant, on comment à ressentir la puissante de la terre sous nos pieds : eau frémissante, boue en ébullition, dépôts jaunis de soufre, cheminées de cailloux d’où s’échappent d’épaisses fumées. Les couleurs sont étonnantes, et l’activité géothermique au rendez-vous !

** Le volcan Krafla : cratères Víti et Hverfjall et coulée de lave Leirhnjúkur **

Le volcan Krafla, endormi aujourd’hui, a connu une activité importante qui a façonné les paysages de la région du lac Mývatn jusque dans les années 80. Coulées de lave, cratères… Le témoignage de cette activité se retrouve dans de nombreux lieux de la région. Nous en avons choisi trois : le cratère Víti, le cratère Hverfjall et la coulée de lave Leirhnjúkur.
Né en 1724 d’une explosion particulièrement violente, le cratère Víti, situé non loin du site de Hverir, est aujourd’hui rempli d’une eau d’un bleu vif surnaturel, dont la couleur est issue de la présence d’algues siliceuses.
Pour nous rendre sur ce cratère, nous continuons le sentier (en voiture) après le site de Hverir. Un chemin permet de monter jusqu’à la crète, d’où nous avons une vue panoramique sur le lac.
Cette période d’activité a également donné lieu à la coulée de lave Leirhnjúkur qui est traversée par un sentier de randonnée bien balisé. Nous nous y aventurons avec curiosité : terre désolée, coulée noire, fumerolles, dépôts de soufre et mousses vert fluo. Je n’avais jamais vu un tel spectacle ! C’est déroutant et fabuleux.

** Le Lac Mývatn **

Le lac, gelé 6 mois de l’année, nous fait l’honneur d’une étendue d’eau calme qui reflète les cônes volcaniques environnants. La couleur de l’eau est surprenante, mais la faune et la flore semblent s’y plaire !

** Cratère Hverfjall **

Enfin, une nouvelle randonnée nous conduira sur les pentes du cratère Hverfjall. Formé il y a plus de 2500 ans, celui-ci offre un tout autre visage que Víti : creux strié de terre noire et sèche où s’élève, en son centre, un monticule rond. La randonnée nous fait d’abord traverser un terrain broussailleux, avant de nous faire grimper les flancs du cratère, que l’on va contourner avant de redescendre. La montée dans le sable volcanique est fastidieuse, mais quelle vue !

** La Faille de Grjotagja **

Cette faille témoigne une nouvelle fois de l’activité sismique et géothermique de la région. Elle marque la séparation entre les plaques tectoniques européenne et américaine. Une grotte qui abrite un petit lac d’une eau turquoise permet de s’enfoncer sous la faille. Mais, malgré les traditions locales, je vous déconseille de vous y baigner : la température de l’eau oscille entre 40°C et 50°C !

** Les fjords de l’Est **

** Seyðisfjörður et Mjóifjörður **

Nous quittons la région de Mývatn pour nous diriger vers l’Est et ses fjords indolents. Nous ferons étape dans deux d’entre eux : Seyðisfjörður et Mjóifjörður. Deux fjords qui nous mettrons des étoiles pleins les yeux avec des paysages à couper le souffle.
Seyðisfjörður, et son village niché au pied des montagnes vertigineuses, au bord d’une eau placide qui reflète les couleurs des maisons à l’architecture typiquement scandinave. De nombreuses cascades surgissent de la montagne, dont les eaux se jettent finalement dans celle du fjord tranquille.
Mjóifjörður, le plus étroit des fjords, se dévoile au terme d’une route incroyable qui ondule jusqu’au fond de la vallée. Une nouvelle fois, les couleurs sont époustuflantes : l’orange de l’automne, le vert de la montagne, le bleu pâle du ciel reflété par l’eau calme du fjord. Une sérénité imprègne les lieux.

** Les cascades Hengifoss & Litlanesfoss **

C’est avec un peu de regret que nous quittons les fjords pour continuer notre route. En chemin, on s’arrête tout de même pour admirer deux cascades (encore !) : Hengifoss, majestueuse dans son cirque de pierre aux strates noires et rouges et Litlanesfoss, cernée de colonnes de basalte que l’on croirait presque sculptée par une main humaine.

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