Prague, la délicate

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Prague, la délicate

Prague en bref (tl;dr)

  • Eviter les périodes d’affluence : Prague est une ville très (très!) touristique, et on peut vite se retrouver noyé dans un flot de touristes – comme un samedi de vacances à Disneyland.
  • A ne pas rater :
    • Ne manquez pas l’horloge astronomique, la vieille ville et rejoignez le château en traversant le Pont Charles…
    • Traversez la Vltava pour vous promener dans le parc Letna et profiter de la vue sur Prague
    • Un excellent site pour s’y retrouver : https://www.prague.eu/fr
  • La galerie c’est ici

Troisième et dernière étape de notre voyage express en Europe de l’Est : Prague !

Prague, capitale de la République Tchèque et de la Bohème.
Le mythe veut qu’une princesse du nom de Libuse énonce un jour la prophétie suivante : “Je vois une ville immense, dont la gloire tutoiera les étoiles […]. Dans la forêt, bâtissez un fort et baptisez-le Praha.”
Et de fait, après un passé houleux et glorieux, Prague est aujourd’hui encore une ville dont le rayonnement attire de nombreux visiteurs. Et pour cause ! On peut vanter la beauté de son centre historique et des monuments, ou le romantisme de ses promenades le long de la Vltava. On n’appelle pas Prague “la ville aux cent tours” par hasard… Mais elle pourrait aisément être “la ville aux cent légendes”, aussi ! Avis aux curieux, il faudra ouvrir les yeux pour capter les secrets cachés entre les pierres !

** Jour 1 – Vieille ville et château de Prague **

Arrivés la veille à plus de 23h suite à des retards et galères successives (l’avion ne décolle pas, les distributeurs de tickets de bus ne fonctionnent pas, …), nous démarrons notre visite de Prague au matin du 16 août. Au programme de la journée : visite de la vieille ville et du château.

Pour commencer, nous nous retrouvons au petit matin à Staroměstské náměstí, la place de la vieille ville, Stare mecto.
Elle est exceptionnellement vide et calme à cette heure, je ne peux que recommander !

Nous avions déjà lu dans plusieurs guides que les touristes submergeaient les rues de Prague en flots continus et serrés. Pour profiter de ces quelques moments de répit avant la houle, nous passons tranquillement devant l’hôtel de ville et sa tour qui abrite la très célèbre horloge astronomique – qui, si elle s’arrête, présagera d’un malheur imminent. Et ce fut le cas lors des inondations de 2002 : coïncidence ? –, avant de remonter les rues jusqu’au Pont Charles, où commencent déjà doucement à affluer passants et artistes.

C’est ici que l’on retrouve notre seconde anecdote : “1-3-5-7-9-7-5-3-1”. Code secret ? Pas tellement : tous les Pragois connaissent le message caché derrière ce palindrome : la construction du pont a commencé en 1357, le neuvième jour du septième mois de l’année, à 5 h 31. Charles IV avait choisi cette date sur le conseil des astrologues de la cour afin d’assurer sa robustesse au fil des années.

De l’autre côté du pont, les ruelles grimpent la colline vers le château royal, Pražský hrad. On passe un coin de rue, une voûte, (le guichet pour les billets), et l’on se retrouve dans une grande cour. Le château royal de Prague a été classé “plus grand château du monde”, avec ses 570m de long et 130m de large. Les visites du château sont éparpillées dans toute l’enceinte : plusieurs circuits sont proposés pour une visite presque “à la carte”. Attention, la prise de photos est payante !

De notre côté, nous avons pris le circuit “B” : Vieux Palais royal, Basilique Saint-Georges, Ruelle d’or et tour Dalibor, cathédrale Saint-Guy, Saint-Venceslas et Saint-Adalbert.

Château de Prague

La visite est intéressante et bien ponctuée de panneaux pour conter les anecdotes historiques. La plus connue est bien évidemment celle de la défenestration de Prague de 1618, qui a marqué un tournant dans la rébellion des nobles de Bohème contre la monarchie des Habsbourg (d’Autriche), à la tête du royaume depuis environ un siècle. C’est lors d’une dispute que des parlementaires de Bohème décident, à l’issue d’un tribunal improvisé, de passer deux des gouverneurs par la fenêtre. Tous deux s’en tireront fourbus, mais vivants… Cependant, cette journée fut l’un des déclencheurs de la guerre de trente ans, qui a déchiré l’Europe centrale en opposant états catholiques et protestants (excepté pour la France qui, bien que catholique, a choisi de soutenir les protestants pour diminuer l’influence de la maison Habsbourg).

Pražský hrad, Praha 1 – Hradčany

250CZK pour B, 350CZK pour A et C

https://www.hrad.cz/en/culture-at-the-castle

La cathédrale elle seule vaut définitivement le détour avec son architecture grandiose, la beauté de ses vitraux colorés et de ses jeux de lumière.

Le parcours continue en dehors des bâtiments principaux avec les différentes visites disséminées dans le quartier, et notamment la (très) célèbre rue des alchimistes…

La ruelle d’Or

La ruelle d’Or n’abritait en réalité aucun alchimiste, mais les domestiques du château, puis les archers rouges, et enfin les orfèvres qui cherchaient alors à échapper aux taxes imposées dans les autres villes de Bohème. Ici donc, point de laboratoires d’alchimistes à la recherche du secret de la vie éternelle ou de la fabrication de l’or… C’est bien aux orfèvres que la rue doit son nom, et non aux alchimistes du roi Rodolphe II.
Un tunnel dissimulé dans la maçonnerie des fortifications traverse toutes les maisons de la ruelle par-dessus les toits. Autrefois désert, il est aujourd’hui rempli d’armures de chevaliers et encombré d’une foule de curieux, tout comme l’ensemble du palais royal. Agoraphobes, s’abstenir !
Accès à partir de la Tour blanche ou de la maison verte du bas située près de la tour Dalibor, à l’extrémité est de la Ruelle d’or. Un billet est à présenter à l’entrée (cf circuits du château) !

Après ce bain de foule et d’histoire, nous nous éloignons un peu pour profiter des jardins. Sur le chemin, on peut profiter d’abord d’une splendide vue sur les toits de Prague, puis d’un point de vue privilégié sur la cathédrale. Et surtout, d’un peu de calme, enfin ! Rien de tel pour se ressourcer qu’une petite pause sur les bancs ensoleillés qui entourent les fontaines délicates.

Pour le repas de midi, nous choisissons de retraverser la Vltava pour dénicher l’un de ces restaurants italiens célèbres dans la capitale que la République Tchèque (oui, italien, vous avez bien lu). Plutôt que de passer du temps à fouiller dans tripadvisor ou notre guide de poche, la faim l’a emporté et nous nous asseyons dans la première terrasse – le IL PALAZZO. Celle-ci est très bien située, dans un recoin calme de la vieille ville et a proximité de notre cible suivante : la maison municipale

Où manger à Prague ? Le Il Palazzo

Le repas était plutôt bon (d’excellents gnochettis au fromage pour ma part), les portions copieuses, mais le personnel pas franchement agréable ! Cela dit, cela a été compensé par une excellente localisation.
Attention cependant à ne pas confondre avec le restaurant en sous-sol, dont les prix sont considérablement plus élevés !

Husova 240/5, Prague 110 00

http://www.ilpalazzo.cz/

Il est 13h, et nous voici devant la maison municipale (Obecní dům) pour notre visite guidée de ce bâtiment ambassadeur de l’Art Nouveau (enfin, plutôt de la Sécession Viennoise, plus géométrique que l’Art Nouveau de l’Europe de l’Ouest, mais ce serait chipoter) à Prague.
Construit entre 1905 et 1911 dans le style Art Nouveau, le bâtiment recèle une richesse de décors réellement impressionnante. Alors, bien sûr, il vaut mieux être un minimum sensible à ce style, mais ce qui n’était pas le cas de monsieur puffin, qui a tout de même pu apprécier la visite. La maison est surtout célèbre aujourd’hui pour ses salles décorées par Alfons Mucha, peintre-star de l’Art Nouveau.

Maison municipale

Accolée à la tour Poudrière, elle se tient à l’emplacement historique du palais royal des souverains de Bohème, construit au XIVè siècle. Près de 600 ans plus tard, un nouveau bâtiment renaît de ses cendres, cette fois dédié à ses citoyens. Il est destiné à leur proposer un lieu de détente et de spectacle et réunit les plus grands artistes Tchèques de la Sécession Tchèque : Mikoláš Aleš (aquarelliste), Max Švabinský (peintre et graveur), František Ženíšek (peintre), Ladislav Šaloun (sculpteur), Josef Mařatka (sculpteur), Josef Václav Myslbek (sculpteur), Alfons Mucha (peintre) et Jan Preisler (peintre) et bien d’autres.

náměstí Republiky 5 111 21 Praha 1- Staré Město

290 CZK pour la visite guidée (environ 1h30) ; certaines salles se visitent gratuitement, notamment le café, restaurant et tout l’espace du sous sol.

http://www.obecnidum.cz

En remontant la rue Celetna à l’issue de la visite, nous nous laissons tenter par le choco-story museum. Je ne vais pas vous mentir, on me l’avait conseillé et j’ai franchement insisté pour avoir une bonne excuse de me goinfrer de chocolat. D’ailleurs, l’entrée donne le ton puisqu’on vous accueille avec des truffes avant même de démarrer la visite !

Musée choco-story

Le musée en lui-même est surtout fait pour les enfants, mais on y apprend effectivement l’histoire du chocolat et j’ai appris quelques anecdotes intéressantes. Ensuite, on peut observer un chocolatier fabriquer des pralines… dégustation à l’appui à la fin. Sans compter la dégustation de chocolat “brut” pour tester les différents dosages de sucre et les différents cacao. Mais c’est peut-être un peu cher pour ce que c’est !

Celetna 557/10, Prague 110 00

270 CZK

http://www.choco-story-praha.cz/?lang=en

Après ce goûter bien chocolaté, nous nous promenons au hasard dans les rues de la vieille ville, histoire de patienter… jusqu’au dîner. Pour ce repas, nous choisissons encore une fois un restaurant au gré de nos déambulations : le Rustique.

Où manger à Prague ? Le Rustique

Le restaurant était finalement assez bon, sans plus, mais le cadre vraiment très sympa dans cette petite terrasse abritée des regards. On se sent coupés de la frénésie touristique de Prague, et c’était bien agréable. Le serveur (italien ?) était plutôt sympathique.

Pour parachever cette journée bien remplie, une promenade tranquille sur les bords de la Vltava s’impose ! L’occasion parfaite pour admirer les reflets de Prague sur l’eau.

** Jour 2 – Le vieux cimetière **

Après une bonne nuit de sommeil, nous voilà d’attaque pour une deuxième journée dans les rues de Prague.
Aujourd’hui, nous commencerons pas le vieux cimetière juif, à l’ouverture pour éviter la foule !

C’est d’autant plus important que c’est avant tout son atmosphère particulière qui nous attire dans ce lieu : tombes emmêlées aux sculptures estompées par le temps, mousses envahissantes sous l’ombre d’un arbre aux branches décharnées. Le parfait décor pour faire naître les légendes. Et d’ailleurs, ce cimetière en abrite une connue de tous les Pragois…

On y rentre par le musée juif de Prague, avec un billet valable pour toutes les synagogues du quartier (sauf la Vieille-Nouvelle). Ce musée est également un mémorial émouvant des victimes de la seconde guerre mondiale, dont les noms sont inscrits sur les murs du musée en une écriture serrée et sans fin : on peut tristement se rappeler que 90% de la population juive disparaîtra durant la guerre.

Puis on entre dans le cimetière, presque désert à cette heure. Les tombes s’amoncèlent dans ce petit carré : de tous âges, de toutes tailles. Mieux vaut ne pas penser aux plus de 12 000 tombes qui s’enchevêtrent ici (et aux dépouilles sur plusieurs mètres de profondeur sous nos pieds…). Les tombes se distinguent les unes des autres par quelques symboles pour identifier la profession du défunt ou sa famille (et son degré de richesse) : ici des mains levées en signe de bénédiction (descendants des prêtes des temples), des symboles animaliers illustrant un prénom ou un nom de famille (lion, loup, oie, coq etc.), là des reliefs d’outils comme symboles des professions (mortier – pharmacien, ciseaux – tailleur, violon – musicien etc.).
C’est sans surprise que les légendes se relèvent d’entre les morts ! Car c’est ici que le Rabbi Löw aurait créé le golem sous le règne de Rodolphe II pour protéger les juifs des pogroms. D’ailleurs, sa tombe s’élève haut au-dessus des autres dans le cimetière.

Vieux cimetière juif

Je ne peux que recommander d’y aller tôt le matin (ou peut-être tard le soir), afin d’éviter la foule, ce qui gâcherait incontestablement l’ambiance.

Široká 3 110 00 Praha 1- Josefov

350 CZK pour un pass comprenant le vieux cimetière et les synagogues du quartier

https://www.jewishmuseum.cz/en/explore/sites/old-jewish-cemetery/

Comme souvent à Prague, le business a su s’emparer des légendes : à la sortie du cimetière, des étals s’alignent le long de la rue pour proposer des figurines de golem.

Nous visiterons ensuite une synagogue-musée sur le chemin, avant de se détendre sur l’une des îles de Vltava. Au cœur de la ville et pourtant loin du tumulte ! Et dois-je préciser qu’une fois de plus la vue sur la ville est superbe ?

Pour le repas, nous testons une vraie taverne pragoise : U Rotundy

Après une semaine presque dépourvue de légumes, j’y ai dégusté (enfin !) une vraie salade… accompagnée d’un camembert au four, parce qu’avec un repas trop diététique, notre corps aurait été trop chamboulé ! Si le repas était très simple, nous l’avons vraiment apprécié.

Où manger à Prague ? Le U Rotondy

L’ambiance était typique, le service sympa et les prix très bas ! Au final, l’une de nos adresses préférées du séjour.

Karoliny svetle 1035/17 prague

Enfin, nous profitons du parc Letna et de son imprenable vue (encore !) sur la ville. Caché derrière, un petit restaurant de hot-dogs innovants : Mr HotDoG (kamenicka 24).

** Jour 3 – Excursion à Karlštejn Castle **

Pour cette dernière journée, nous choisissons une escapade en dehors des murs de Prague : direction Karlštejn et son château de renom.

Pour y aller, c’est très simple : un train direct part depuis la gare de Prague. Nous devrons partir directement vers l’aéroport ensuite, donc nous profitons des consignes sur place pour y stocker nos encombrants sac à dos, avant d’embarquer dans le train. En environ 1h, nous voilà à Karlštejn .
Si nous nous attendions au calme d’un village de campagne, nous avons été surpris ! Une file continue de fourmis part de la petite gare de Karlštejn vers le château en traversant un village certes modeste, mais constellé de magasins et restaurants pour touristes (dont la seule véritable distinction se trouve dans leurs prix exorbitants). Le seul restaurant recommandé par les guides nous refusera l’entrée malgré plusieurs tables vides… En bref, ne venez pas chercher ici l’ambiance bucolique d’un village de campagne. En revanche, le château vaut bien le déplacement !

Au détour du chemin, enfin on l’aperçoit : tours crénelées, collines verdoyantes, voilà le décor parfait d’un conte moyenâgeux !

C’est le roi Charles IV qui a ordonné la construction de ce château afin de conserver les précieux joyaux de la couronne, ainsi que les reliques et trésors royaux. Ils font d’ailleurs l’objet d’une des visites proposées par le site.

Nous commençons par la visite guidée de la tour, pour une vue panoramique sur les collines et quelques anecdotes délivrées en anglais par le guide. Sensations garanties à l’étage “au-dessus du vide”, et la vision du vide entre les lattes de bois vieilles de quelques centaines d’années !

Ensuite, nous nous promenons le long des différents passages, avant de nous embarquer pour la visite des appartements ! Petit point noir : grosse déception sur la couronne qui est – visiblement – une réplique !

Sur le retour, à la recherche (infructueuse) d’un restaurant abordable ET qui veut bien de nous, nous descendons la rue principale vers la gare. Après un repas rapide au restaurant grec du coin (choisi par dépit : la cuisine n’était pas transcendante, mais le vrai problème était l’armée de guêpes en terrasse !), nous profitons de nos dernières minutes en République Tchèque pour nous asseoir au bord de l’eau. Bientôt, nous devrons reprendre l’avion pour Paris…

Se rendre au château de Karlštejn

Une des excursions les plus accessibles depuis la capitale Tchèque… Et de quoi changer d’air à coup sûr ! Attention, vous ne sèmerez qu’une partie des hordes de touristes dans le voyage.
Si vous choisissez de venir en train, comptez 20 min de marche (il suffit de suivre le flot…) depuis la gare pour monter jusqu’au château.

267 18 Karlštejn

Train depuis Prague toutes les 30min environ (arrêt : Karlštejn). On peut également s’y rendre par bus !

De 280 CZK à 880 CZK selon les visites choisies ; 90 CZK l’aller-retour en train

https://www.hrad-karlstejn.cz/en

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