Budapest, l’éclectique

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Budapest, l’éclectique

Budapest en bref (tl;dr)

  • La visite du parlement se réserve en avance, car le nombre de places est limité et les visites en français peu nombreuses
  • Les distances restent assez grandes ; prévoir de bonnes chaussures ou un abonnement aux transports en commun !
  • A ne pas rater :
    • Le Bastion des Pêcheurs et l’église Matyas.
    • Les bains, Szechenyi, Gellert ou autres au choix, mais à faire pour se mettre dans l’ambiance.
    • La citadelle et sa vue imprenable sur la ville
    • Les petites rues du quartier juif : street art et bars au charme incontestable seront au rdv
    • Les halles : atmosphère et déjeuners typiques !
  • La galerie c’est ici

Deuxième étape de notre voyage express en Europe de l’Est : Budapest!

La deuxième étape de notre escapade en Europe de l’Est est donc Budapest, capitale de la Hongrie, réputée (entre autres) pour son parlement, ses bains et sa vie nocturne. Elle est aussi connue pour le Sziget festival, plus grand festival plein air d’Europe, qui tombait pile pendant notre séjour ! Cela dit, n’ayant pas prévu le coup (et n’étant pas très intéressés par les artistes de l’année), nous avons passé notre tour pour nous concentrer sur la ville elle-même.

** Jour 1 – Bastion des Pêcheurs et église Matyas **

Au petit matin du lundi 13 août, nous nous envolons vers Budapest. Cette fois, l’arrivée est plus smooth : le bus pour rejoindre la ville est facile à trouver, plutôt efficace, et nous nous retrouvons rapidement au Lion’s Locker, un café très prisé des backpackers car, comme son nom l’indique, il propose aussi un service de consigne à l’heure ou à la journée. Nous y avons dégusté un petit-déjeuner brunch très copieux, avant de partir à la recherche de notre airbnb – et poser nos sacs, enfin !

Où manger à Budapest ? | Le Lion’s locker

Le Lion’s Locker est un lieu très populaire pour prendre un petit déjeuner ou un brunch. Attendez-vous à un peu d’attente ! En revanche, si vous désirez simplement déposer vos sacs, signalez-vous pour ne pas faire la queue avec les affamés.

1061 Budapest, Vasvári Pál utca 11

https://www.lockerbudapest.com

L’estomac bien rempli par le déjeuner / brunch du Lion’s Locker, il nous faudra quelques minutes de marche pour rejoindre le airbnb. L’occasion de commencer à découvrir le quartier juif, où nous avons une nouvelle fois élu domicile.

Notre airbnb

Nous avons encore opté pour un airbnb afin de limiter nos frais ! Celui-ci était idéalement placé, nous permettant de tout faire à pied… A condition d’avoir de bonnes chaussures et de la motivation. Avec le temps splendide que nous avons eu, cela aurait été dommage de ne pas en profiter !

Comme souvent pour les airbnb, nous partagions cette fois l’appartement avec la propriétaire et deux autres hôtes (français, eux aussi !).

Zichy Jenő utca

46€ par nuit pour deux personnes (+frais airbnb)

La journée étant à peine entamée une fois les clés du airbnb en poche, nous décidons d’enchaîner avec l’une des principales attractions de la ville : le bastion des pêcheurs et l’église Mathias (Matyias Templom), puis la citadelle un peu plus loin.
Mais tout d’abord, découvrons la ville ! Nous longeons le Danube pour profiter du soleil et de l’atmosphère presque maritime. Nous redescendons d’abord vers le parlement pour faire un petit repérage avant la visite officielle, puis remontons doucement vers le bastion en traversant par le pont Marguerite.

Contrairement aux apparences, Le bastion des pêcheurs n’est pas un vestige du Moyen Âge ! Le monument a été construit au début du XXè siècle en commémoration de l’arrivée des sept tribus Magyars, menées par le prince Arpad, sur les terres hongroises. Il comporte sept tours coniques (pour les sept tribus, vous suivez ?), inspirée de l’architecture médiévale (néo-romanesque, précisément). Il suit le tracé de l’ancien mur d’enceintes, protégé par la guilde des pêcheurs d’où il tire son nom. Sans avoir jamais joué de quelconque rôle défensif pour la ville, les architectes lui ont plutôt donné pour fonction principale d’offrir un point de vue sans pareil sur la ville… Et c’est plutôt réussi !
La partie inférieure du bastion est libre d’accès, mais il faut payer pour profiter des parties supérieures et des tours. Au moment de prendre les billets pour le bastion, nous réservons aussi ceux pour la visite (guidée, pour le clocher) de l’église Matyas, en prenant un horaire qui nous laissera le temps de profiter tranquillement de la vue ! L’entrée payante du bastion donne accès aux remparts. Chaque tour peut également être visitée, modulo un droit d’entrée individuel. Nous choisissons de visiter la plus grande pour clore notre promenade.

Bien qu’artificiellement historique, la visite du bastion m’a réellement enchantée et reste un des souvenirs les plus agréables de ce voyage : les pierres immaculées, les tours pointues, les tuiles colorées des toits de l’église… On se croirait dans un film d’héroic fantasy. Il ne manquerait plus que le dragon de Cracovie pour compléter le décor !

Le Bastion des Pêcheurs

Pour visiter le Bastion des Pêcheurs, un guichet principal permet de prendre les tickets pour les principales entrées (clocher de l’église Matyas, remparts, etc.). Ensuite, on peut prendre des tickets directement devant les tours pour des visites “à la carte” ! Ces billets permettent de continuer à entretenir le Bastion.

1-3 Hess Andras Square, Budapest, District I (1st district), post code 1014

1000HUF (environ 4€) – réduction de 10% avec la Budapest Card

http://www.fishermansbastion.com

Nous visitons ensuite l’église Matyas : d’abord l’intérieur, riche en couleurs, puis en grimpant en haut de son clocher pour dominer le bastion et les toits multicolores de l’église.
A sa fondation par Saint Stephen, premier roi de Hongrie, vers le XIè siècle, l’église était d’abord consacrée à la Vierge Marie, d’où elle tenait son nom. Elle fut ensuite détruite une première fois lors de l’invasion mongole au XIIIè siècle. A sa reconstruction, elle devint le lieu de sacrement des rois de Hongrie. Le roi Matyas (roi légendaire car monté sur le trône sans aucune ascendance royale) mena au XVè siècle une phase d’agrandissement donnant lieu à la construction de sa tour. L’église sera ensuite connue comme l’église Matyas (et non Notre-Dame) en son honneur, avant d’être transformée en mosquée lors de l’occupation turque au XVIè siècle.
A nouveau détruite au XVIIIè siècle à la suite d’un incendie, elle est finalement reconstruite dans le style néo-gothique à la fin du XIXè siècle. C’est cette apparence qui a survécu jusqu’à aujourd’hui.

L’église Matyas

Pour l’église Matyas, deux visites (payantes toutes les deux) sont possibles : une visite libre de l’église en elle-même, qui permet de monter dans les niveaux supérieurs et de profiter de la nef, et celle du clocher, accompagnée, pour monter en haut des tours et admirer la vue.

700HUF (environ 2,5€) – visite comprise dans la Budapest Card

https://www.matyas-templom.hu/main.php?Lang=EN

En sortant du clocher de l’église, nous nous promenons tranquillement dans le quartier qui s’étend derrière : de grandes rues aux maisons colorées, où nous profiterons d’un peu plus de calme que dans la zone très fréquentée du bastion.
Nous nous dirigeons ensuite vers le palais de Budapest (ou palais de Budavar). Aujourd’hui reconverti en musée, il était l’ancienne résidence des rois de Hongrie. Presque entièrement détruit lors de la seconde guerre mondiale, il a été reconstruit à l’identique et est désormais classé au patrimoine mondial de l’Unesco. L’intérieur n’est malheureusement pas accessible à la visite ; seul le musée historique peut être visité (ce que nous n’avons pas fait, faute de temps).

C’est en arrivant au château que nous nous rendons compte que notre plan initial était (beaucoup) trop ambitieux ! Exit la citadelle (que nous ferons un autre jour), nous flânons autour du château et de son parc, avant de nous remettre en route vers le centre ville, cette fois via le pont Széchenyi-Lánchíd, le plus ancien de Budapest. C’est d’ailleurs lui qui donna l’idée d’unifier les villes de Buda et de Pest à Obuda !

Après cette journée harassante, nous trouvons refuge au Local Korner… Ici, on ne parlera pas de nourriture locale, mais de pizzas à la carte. De quoi reprendre quelques forces ! L’ambiance y est simple et chaleureuse, les prix tout petits et les pizzas savoureuses. Une super adresse pour un repas économique !

Où manger à Budapest ? | Le Local Korner

Le Local Korner ne propose pas de cuisine typique, mais des pizzas “à la carte” et plutôt généreuses ! Attention cependant : si vous cherchez le calme, passez votre chemin ! Ici l’ambiance est décontractée et joyeuse.

Budapest, Semmelweis u. 17, 1052

localkorner.hu

** Jour 2 – Les bains **

Aujourd’hui, c’est le grand jour ! Matinée réservée pour les bains si réputés de Budapest. Parmi tous les bains publics que propose la ville (bains Gellert, Kiraly, Lukacs, Rudas, …), nous avons choisi les bains Szechenyi. Parmi les plus touristiques, ils offrent un nombre impressionnant (21) de bassins intérieurs et extérieurs, et un cadre très travaillé avec ses sculptures et ses façades jaune vif (sans compter les saunas, les massages – en supplément -, etc). Construits entre 1909 et 1913, ce sont les premiers bains thermaux de Pest. L’eau atteint la surface à des températures avoisinant les 76 °C, et elle provient du deuxième puits le plus profond de Budapest, de 1246 mètres de profondeur (rien que ça).

En chemin, nous passons par la place des héros et apercevons de loin le château de Vajdahunyad, que nous traverserons plus tard.

Ah, les bains Szechenyi. Nous avons eu la chance d’avoir un temps splendide pour cette matinée trempette. Afin de profiter au maximum des bains extérieurs à leur ouverture (et donc, avant que la foule n’afflue), nous faisons une petite entorse au circuit recommandé (du plus froid au plus chaud) pour barboter dans des eaux à 38°C. Un petit tour dans les courants tourbillonnants du bassin principal, puis retour dans ceux de droite, plus calmes. La curiosité nous poussera tout de même à l’intérieur des bâtiments, où l’on propose des bassins de 10°C (vraiment glacial !) à plus de 40°C.

Bon à savoir | Les bains Szechenyi

Pour nous assurer une cabine, nous avons réservé nos billets en avance ici.
La cabine elle-même n’est pas indispensable, mais elle permet de stocker ses affaires en toute tranquillité (notamment quand on trimballe un gros appareil photo…), et de profiter d’un peu plus d’intimité pour se changer !
La réservation en avance n’est pas indispensable non plus, mais elle permet de s’affranchir de la queue inévitable dans un lieu aussi touristique !

1146 Budapest, Állatkerti krt. 9-11

20€ par personne pour une journée complète

http://fr.szechenyifurdo.hu

Les pieds lourds de fatigue (paradoxalement), direction ensuite le château de Vajdahunyad et son atmosphère romantique. Lui aussi construit pour fêter le millénaire (au même titre que le bastion des pêcheurs), il est constitué d’une série de pavillons imaginés dans les différents styles architecturaux qui ont marqué la Hongrie depuis sa création.
Un étang entoure le château et offre aux visiteurs une petite promenade bucolique.

L’après-midi, nous retentons notre virée à la Citadelle. Vidés de toute énergie après la détente dans les bains, il est temps de reprendre des forces ! Nous nous arrêtons cette fois au restaurant Meatology (sur les bons conseils de tripadvisor). Toujours pas de repas typique, mais un bon burger revigorant !

Où manger à Budapest ? | Le Meatology

Pas de cuisine locale au Meatology, mais un restaurant de viande et burgers bien noté sur tripadvisor (notre ami le plus fidèle à l’heure des repas). Attention cependant à la disponibilité de certains plats, parfois en rupture à l’heure de la commande !

Budapest, Bajcsy-Zsilinszky út 15c, 1065 Hongrie

10-20€ par personne

meatologybudapest.hu

La citadelle se trouve en périphérie de la ville, légèrement en retrait du palais de Budavar, au sommet du mont Gellert. Le Mont Gellért (Gellért-hegy en hongrois), surplombe la ville de ses 235 mètres de haut. Il offre l’une des meilleures vues sur Budapest et le Danube ! Attention cependant à ne pas se perdre dans les chemins (très) mal indiqués.
Au sommet, en plus du panorama qui s’étend sous nos yeux, on peut admirer la statue de la liberté (Szabadság-szobor), érigée en commémoration de la Libération de la ville par l’armée soviétique à la fin de la seconde guerre mondiale. Enfin, derrière la statue, s’élève la citadelle (bien méritée).

Nous aurons notre première véritable averse du voyage ce soir-là. Pas d’adresse de restaurant, nous grignoterons au chaud dans notre chambre !

** Jour 3 – Le Parlement **

Après avoir sagement réservé nos billets en ligne, la visite du Parlement nous attend enfin !
Inauguré au début du XXè siècle pour fêter le millénaire (oui, lui aussi), le Parlement hongrois est le siège de l’assemblée nationale de hongrie.
Construit pour célébrer la souveraineté de la nation 7 ans après l’union de Buda, Obuda et Pest, c’est le plus grand bâtiment de Hongrie et l’un des plus grands parlement du monde. Entièrement symétrique autour de son dôme central, il s’inspire du palais de Wesminster à Londres !

Les avis sur le monument et sa visite guidée sont partagés. Pour ma part, j’ai prêté une oreille distraite aux anecdotes distribuées par notre guide dans un français au fort accent hongrois, pour me concentrer sur les lieux. L’escalier d’or, les couloirs ouvragés, la salle de la coupole… Autant de dorures et marbrures pour couper le souffle des visiteurs.

Le Parlement

Le Parlement hongrois
Penser à réserver suffisamment en avance : les visites en français sont certes moins prisées, mais aussi moins nombreuses. Pour les anglophones, le Parlement propose également de nombreuses visites en anglais.

Budapest, Kossuth Lajos tér 1-3, 1055 Hongrie

2200 HUF (environ 7€)

https://www.jegymester.hu/

En route vers les halles, nous nous arrêtons à la synagogue de Budapest, plus grande d’Europe et deuxième plus grande du monde (après celle de NY) : elle peut accueillir jusqu’à 3500 personnes – et elle est généralement remplie à l’occasion des principales fêtes !
Inaugurée en 1859, elle fut miraculeusement épargnée lors de la seconde guerre mondiale (car réquisitionnée par l’armée allemande pour devenir une base de radio ainsi qu’une écurie).

La synagogue elle-même est impressionnante, et des guides sont là pour vous en conter les moindres anecdotes. A l’arrière, se trouve le musée ainsi que le mémorial pour les morts de la seconde guerre mondiale.
La visite est intéressante, mais nous avons trouvé le prix vraiment excessif (surtout en comparaison des autres visites : bastion, église Matyas ou même le Parlement) – et pourtant, nous avons bénéficié du tarif étudiant ! Attention aussi à la tenue pour les femmes : toute épaule, tout genou dénudé vous vaudra de vous équiper d’une espèce de cape/sac bleu immense – et payant, bien sûr.

Bon à savoir

La Synagogue Dohany reste un monument incontournable de la ville. Si vous souhaitez la visiter, pensez à vous vêtir en conséquence pour éviter les frais supplémentaires (d’autant qu’il sera difficile de ressortir la cape bleue en d’autres circonstances !).
Se greffer à un groupe pour une visite guidée est aussi vivement conseillé pour mieux en comprendre l’histoire et l’architecture !

Lorsque nous arrivons aux Halles, impossible de ne pas être frappés par leur taille ! De style Art-nouveau, le bâtiment comporte un rez-de-chaussée consacré aux produits frais : fruits et légumes, charcuterie, piments… L’étage est quant à lui dédié aux objets divers (vêtements, poupées, etc) et aux stands de restauration.
Nous y avons dégusté avec joie des langos, sorte de pizzas froides dont la garniture et la sauce sont au choix.

Bon à savoir | Les Halles

Les halles de Budapest grouillent de vie et de senteurs. Elles sont sûrement l’un des monuments les plus authentiques de la ville ! Flânez entre les étals avant de partir à l’exploration des objets et souvenirs vendus à l’étage.
Et, surtout, pensez à venir à l’heure des repas, pour profiter des stands de cuisine. Vous aurez l’embarras du choix : langos, saucisses, …

Budapest, Vámház krt. 1-3, 1093 Hongrie

Entrée libre

Pour clore ce séjour, nous partons à la chasse aux fresques de street art dans le quartier juif de Budapest. Bien que ce soit sévèrement puni par la loi hongroise – qui, rappelons-le, est plutôt autoritaire, certains téméraires bravent l’interdiction et nous régalent de fresques colorées au cœur du Budapest plus secret. C’est également ici que l’on peut dénicher de petits bars (ruin pubs) dans des passages au charme inattendu.

Quelques éléments de l’histoire de Budapest…

Budapest est riche d’une histoire qui remonte à l’Antiquité. Nommée Aquincum par les romains, elle était à l’époque un castrum sur les frontières de l’empire, dont les ruines ont été découvertes dans le quartier d’Obuda.
La ville vit défiler nombre d’envahisseurs au cours de son histoire : Avars, cavaliers d’Attila, jusqu’aux tribus Magyar menées par le prince Arpad au Ixè siècle. Détruite par les Mongols en 1241, elle devint finalement la capitale du royaume christanisé de Hongrie en 1361.
Vinrent ensuite les Ottomans, qui feront la conquête de Pest en 1526, puis de Buda en 1531, avant d’être déboutés par Charles V de Lorraine.
Grâce à un positionnement stratégique au croisement des routes commerciales de l’empire germanique, Buda, Obuda et Pest se développèrent rapidement, jusqu’à être réunies une première fois en 1849 par le gouvernement révolutionnaire. Elle fusionnèrent officiellement et définitivement en 1873.
Aujourd’hui, les ambiances de Buda et Pest se retrouvent encore dans les rues des quartiers. Buda, résidentielle, est plus sage et domine Pest de sa colline où trône le siège de l’autorité. Pest, à ses pieds, plus commerçante et industrielle, bourdonne d’activité, de jour comme de nuit : théâtres, bars, cafés s’y bousculent comme les habitants et touristes.

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